Hantavirus : comprendre comment il se contracte et comment il se transmet

5/11/20263 min read

Hantavirus : comprendre comment il se contracte et comment il se transmet?

L’hantavirus est un virus transmis à l’être humain par certains rongeurs sauvages infectés. Il ne s’agit pas d’un virus nouveau, mais d’une zoonose connue, surveillée en France et en Europe. Les cas restent rares, mais ils rappellent une réalité importante : la présence de rongeurs dans une cave, un grenier, un garage, une dépendance ou un bâtiment peu ventilé n’est pas seulement une nuisance matérielle. Elle peut aussi représenter un risque sanitaire.

Les rongeurs porteurs du virus ne présentent généralement pas de signes visibles de maladie. Ils peuvent pourtant éliminer le virus dans leurs urines, leurs excréments ou leur salive. Le risque pour l’humain apparaît surtout lorsque ces matières sèchent, se mélangent à la poussière, puis sont remises en suspension dans l’air lors d’un balayage, d’un nettoyage à sec, d’un déplacement de cartons ou d’une intervention dans un local contaminé. L’infection se fait alors principalement par inhalation de poussières ou d’aérosols contaminés.

Les lieux les plus concernés sont les espaces fermés, peu aérés, parfois restés longtemps sans activité : greniers, caves, garages, abris de jardin, cabanes, granges, remises ou bâtiments situés près de zones boisées ou rurales. Le danger n’est donc pas uniquement lié à la présence visible d’un rat ou d’une souris, mais aussi aux traces laissées par les rongeurs : crottes, urine, nids, poussières souillées, matériaux rongés ou zones de passage.

Contrairement à certaines infections respiratoires, la transmission habituelle des hantavirus présents en Europe ne se fait pas d’une personne à une autre. Le risque principal vient de l’environnement contaminé par les rongeurs. C’est pourquoi la prévention repose d’abord sur la limitation de leur présence, la protection lors du nettoyage et la désinfection adaptée des zones contaminées.

Les premiers symptômes peuvent ressembler à ceux d’une infection virale classique : fièvre, fatigue importante, douleurs musculaires, maux de tête, parfois troubles digestifs ou douleurs lombaires. Certaines formes peuvent atteindre les reins et nécessiter une prise en charge médicale rapide. Après une exposition à des rongeurs ou à leurs déjections, l’apparition de symptômes doit conduire à consulter un médecin, en précisant le contexte d’exposition.

La prévention commence par des gestes simples. Avant d’entrer dans un local potentiellement contaminé, il faut l’aérer largement. Il faut éviter de balayer ou d’aspirer à sec les déjections, car cela peut remettre les particules contaminées dans l’air. Le port de gants, d’un masque adapté et, si nécessaire, de lunettes de protection limite le contact avec les poussières et les matières souillées. Les surfaces doivent être humidifiées puis désinfectées avant d’être nettoyées. En cas d’infestation importante ou de doute, l’intervention d’un professionnel permet d’associer dératisation, sécurisation des accès, nettoyage et désinfection dans une logique de prévention sanitaire.

L’hantavirus ne doit pas être utilisé pour créer de la peur. Il doit surtout rappeler que la gestion des rongeurs est une question d’hygiène, de santé publique et de prévention. Un environnement propre, ventilé, protégé contre l’intrusion des rongeurs et traité rapidement en cas de présence suspecte réduit fortement les risques.

Bibliographie française

Santé publique France. Hantavirus : la maladie.
Santé publique France. Les infections à hantavirus dues au virus Puumala en France.
Institut Pasteur. La maladie – Recommandations CNR Hantavirus.
Institut Pasteur de Lille. Hantavirus : un virus rare mais sous surveillance.
Inserm. Symptômes, modes de contamination, espoirs pour la recherche : huit questions sur l’hantavirus.